Forget Resolutions – Keep a Vision instead

It is this time of the year again where gyms make their best monthly income as they see many people starting their new year’s resolution.

I like these times of new resolutions, when you do some introspection about yourself and search how you could be a better person. However, it could become slightly boring if you try to keep the same resolutions year after year because you failed at them miserably a few months down the road.

“Accept the things you cannot change” says the Serenity Prayer, and sometimes you may just have to acknowledge that you are not quite ready yet for big life-changing resolution as it is too much to chew in one bite.

I started something new this year. I have a vision instead of a resolution. Also, I don’t make it year-to-year, but a long-term goal I thrive to achieve. To help me keep this vision alive, I made a Vision Board – a physical board where I collect all kind of items that reminds me of my vision, from photographs to newspaper articles to famous quotes and real items like a plane tickets for example. This Vision Board has to be put somewhere very visible where you go everyday, so you are constantly reminded of your vision.

I just started it, so I cannot really tell you if it works, yet. I can tell you that it was a lot of fun to put together, and I really enjoyed it. Also, I like how the Vision Board is supposed to evolve with time, replace items by more meaningful ones as you come across them.. this relieves the pressure to have the “Picture-Perfect Vision Board”.. which I would never end up having anyway.

All the trainings in marketing, leadership or self-motivation have this in common: they all tell you how you should write a plan to start make things happen. Well, I have never been quite disciplined enough to make a master plan for myself (nor do I think it is really necessary), but I like to think that the Vision Board is a first and enjoyable step toward a more focused lifestyle to get what I want.

 

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Fin de la saga – Home Sweet Home

La recherche de notre nid douillet se poursuit. Pendant les deux premiers mois de notre chasse à la maison, je fais preuve d’un optimisme sans faille, continuant de vouloir visiter toute sortes de maisons même celles dont les photos montrent un trou à rat, convaincue que le charme de ces maisons se révélerait à nous si on la voyait de nos propres yeux. Je fais donc travailler notre agent très fort, lui proposant chaque semaine 4 à 6 maisons que nous souhaitons visiter. Malheureusement, nous allons de déception en déception.

Au cours de nos deux mois de recherche, nous trouvons trois autres maisons qui nous plaisent et posons une offre sur seulement deux d’entre elles. La troisième me plaît beaucoup, il s’agit d’une grande maison centennaire aux allures victoriennes, avec des moulures magnifiques et un perron fait de colonnes. Le problème? Tout le chauffage et sa circulation est à refaire, toutes les fenêtres sont à changer etc. il s’agit d’un véritable gouffre financier. Quel dommage.

Quant aux deux maisons où nous posons une offre, je note qu’il ne s’agit pas d’un coup de foudre comme nous avons eu avec la toute première maison (voir ici). Nous devenons plus “raisonnable” dans nos choix. Cependant, ces deux maisons nous passent tout de même sous le nez au vue de l’inflation des prix du marché. Certains acheteurs n’hésitent pas à mettre bien plus que la valeur de la maison, et c’est là où le bas blesse.

Nous essayons de relativiser, nous nous disons qu’il doit s’agir d’acheteurs désespérés, des famille par exemple qui ont des enfants et se doivent de trouver une maison très vite afin de scolariser leurs progénitures en septembre. De plus, nous avons choisi des quartiers qui sont très désirables, donc où la compétition fait fureur… mais la réalité est là: en deux mois seulement, nous nous décourageons. Je dois dire que notre agent, lui, reste outré par les prix qui se pratiquent dans sa profession, et à aucun moment ne nous pousse à jouer ce jeu. C’est bien de ne pas sentir la pression de ce côté, mais je commence tout de même à freiner mes élans, me demandant si je ne suis pas en train de faire perdre du temps à mon agent.

Et voilà, nous sommes au début juillet, et mon optimisme est altéré. Je ne veux plus déranger mon agent ni mon copain pour trop de visites (ces maisons dont j’ai espoir qu’elles ont du potentiel alors que tout indique le contraire..), alors j’en fais beaucoup par moi-même, lors des portes ouvertes. Nous décidons aussi de prendre une pause de quelques jours pour faire du camping, et cela nous change un peu les idées que de passer tous nos week-end dans la maison de parfaits inconnus.

C’est à notre retour que je vois La Maison – une maison en plein coeur de Saint-Boniface et très grande (tellement rare!). Cette maison est à l’extrémité de notre budget maximum. La curiosité me pousse à la visiter, mais au fond de moi je me demande si ça vaut vraiment la peine puisque nous serons en compétition avec des acheteurs qui n’hésiteront pas à aller au-delà du prix de vente, et nous ne pourrons pas suivre. Lorsque nous la visitons, nous tombons tout de suite amoureux. Une construction solide en brique, des murs épais, une myriade de fenêtres – toute en triple vitrage-, un grand terrain, un garage double,  une belle terrasse, un grand salon, des moulures d’époque… Cette maison a les mêmes propriétaires depuis 50 ans, et a élevé 14 enfants en son sein! Elle a été amoureusement maintenue de toute part.

J’adore cette maison, mais bien sûr je ne me fais aucune illusion – il n’y a pas qu’à moi qu’elle va plaire. Je me demande même si nous devrions écrire une offre alors que de toute évidence nous ne nous en sortirons pas en n’offrant seulement le prix de vente. L’idée farfelue me passe par la tête de dépasser notre budget maximum afin de jouer à la guerre des prix. Après tout, la banque acceptera, il s’agit simplement d’une limite que mon copain et moi nous sommes donnés afin de ramener les dépenses mensuelles à un niveau acceptable… Mais je me ravise, nous ne voulons pas un douloureux rappel chaque mois de notre folie de viser au-dessus de nos moyens.

Nous visitons tout de même la maison une deuxième fois dans la semaine, puis une troisième fois lors de la porte ouverte le dimanche. Les offres sont pour 20h le lendemain, et nous décidons finalement de tenter le coup. Nous apprenons par notre agent à la fin de la porte ouverte qu’aucune personne n’a encore donné son intention de faire une offre, c’est assez rare. Toute la journée du lundi, je stresse et je demande à mon agent de m’appeler s’il apprend que quelqu’un d’autre a posé une offre (l’agent du vendeur doit donner ce détail en temps réel) – mais mon téléphone reste silencieux. À 19h le lundi, nous sommes apparemment les seuls à poser une offre sur la maison de nos rêves.

Cela ne veut pas dire pour autant que nous l’aurons au prix demandé, car le vendeur peut décider de refuser notre offre et remettre la maison en vente pour une autre semaine, espérant attirer plus d’offres concurrentielles.

À 20h notre agent dépose notre offre, et il informe l’agent du vendeur qu’il va rester dehors pour attendre la réponse – puisque nous sommes les seuls, cela devrait aller assez vite. Notre agent s’attend effectivement à recevoir une contre-offre de la part des vendeurs, et il est paré à l’attaque.

À 20h30, nous commençons à perdre patience, toujours pas de nouvelles. Pour les autres maisons, où il y avait parfois plus de 15 offres, nous étions fixé en moins d’une demi-heure. À 20h45, coup de téléphone de notre agent. L’OFFRE A ÉTÉ ACCEPTÉE TELLE QUELLE !

Je ne sais pas si ça vous est passé par l’esprit en lisant tout cela, mais nous, à partir du moment où nous avons su qu’il n’y aurait aucune offre contre la nôtre, nous nous sommes demandés si cette maison était aussi bien que nous le pensions – comment est-ce possible que d’autres personnes n’ait pas vu ce bijou en plein coeur d’un quartier très désirable ?

La réponse est oui, la maison est toujours aussi bien qu’au premier jour, et nous nous considérons très très chanceux. Nous expliquons notre chance par le fait que:

1) C’était au milieu de juillet, beaucoup de personnes sont parties en vacances
2) La maison a été mise en vente pendant une semaine d’extrême canicule à Winnipeg (+33 degrés) et elle n’a pas l’air climatisé. Comme le fait remarquer notre agent, quand il fait chaud dehors, on apprécie entrer dans une maison climatisée, on sent tout de suite la différence. Or, quand on visite plusieurs maisons pendant une après-midi suffocante, on a tendance à ne pas apprécier la maison qui n’offre pas cette bouffée d’air fraîche.
Pour nous, l’air climatisé n’a jamais été une priorité. J’ai vécu toute ma vie sans cela, dont 5 ans à Winnipeg, et de même pour mon copain. Je trouve cela beaucoup plus approprié d’avoir un garage pour nos deux voitures pendant les 6 mois d’hiver que l’air climatisé pour les 2-3 semaines vraiment chaudes de l’été.
3) La canicule a amené beaucoup de gens à se baigner dans les lacs plutôt que de visiter des maisons
4) Les 14 enfants étaient en charge de vendre la maison pour leur père. La plupart des vendeurs auraient pu vouloir remettre la maison en vente en espérant attirer plus d’offres, mais lorsque tu dois mettre d’accord 14 personnes, et les regrouper d’une façon ou d’une autre pour vendre une maison qui ne leur appartient pas exactement, les problèmes de coordination surpassent les bénéfices possibles de la vente – c’est la conclusion que nous en avons tiré.

L’achat de la première maison est donc très émotive, difficile sur les nerfs et mêle avec subtilité raison et sentiment. Il faut pouvoir tomber amoureux sans pour autant se laisser aller à tout donner. Il faut rester optimiste et avoir confiance afin de ne jamais revoir à la baisse des critères qui nous sont essentiels.

Je n’ai pas envie de retenter l’expérience de sitôt, mais ce qui est sûr, c’est que ça a valu tous nos efforts. HAPPY END.

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Visites et Première Offre

La partie la plus agréable peut donc commencer, c’est celle où l’imagination bat son plein et où le rêve est permis, tout comme l’espoir.

Notre agent immobilier met en place le “MLS” – multiple listing system. Un système ingénieux en ligne où nous voyons en temps réel toutes les maisons qui correspondent exactement à nos critères, que ce soit pour le prix, la situation géographique (jusqu’à une rue prêt), le nombre de chambres ou la surface habitable. Avec un tel outil, on se demande presque si un agent immobilier est vraiment nécessaire, mais il s’avère que oui! Voir une maison par annonce, c’est bien beau, mais il faut prendre RDV pour la voir, et c’est bien pratique que quelqu’un s’occupe de toute cette coordination.

Nous sommes très exigeant pour le quartier dans lequel nous voulons habiter, et bien sûr notre budget est limité, ce qui ne nous donne pas trop d’autres filtres à appliquer dans ce MLS. Notre agent étend aussi un peu notre limite budgétaire “juste pour voir quelles maisons ressortent”. Nous n’aimons pas trop ça cependant, car qu’arrive-t-il si nous tombons amoureux d’une maison qui n’est pas dans nos prix? L’ignorant n’est-t-il pas béni? Mais puisque nous sommes dans les mains d’un professionnel, et que, bien sûr, nous sommes deux adultes raisonnables, capables de prendre une décision réfléchie basée sur notre réalité (hmm..), nous laissons faire.

Au tout début, c’est euphorisant. Le MLS vient d’être mis en place, et moulte maisons correspondants à nos choix s’y trouvent. Je veux les voir TOUTES.. elles ont toutes l’air magnifique. Je suis en particulier portée sur la zone géographique de Saint-Boniface, car j’ai habité là depuis que je suis arrivée à Winnipeg, et aussi parce que c’est tout prêt de mon travail. Pour faire plaisir à mon “partner in crime”, nous avons intégré d’autres quartiers qui lui plaisent, mais vraiment je veux me concentrer sur Saint-Boniface pendant quelques temps avant de déclarer forfait et me “rabattre” sur un autre lieu – ça, je ne l’ai pas exactement dit comme ça à mon copain, mais il l’a bien senti quand même.

Les visites commencent. Moi qui travaille en marketing, j’aurais dû m’y attendre : les maisons sont bien plus belles en annonce qu’en réalité. Tout à l’air plus grand en photo. L’agent immobilier est un rusé renard qui sait choisir ses mots et ses photos pour mettre en valeur une bicoque délabrée. Nous comprenons vite que choisir des maisons dans le bas de notre budget ne donne pas exactement ce que nous recherchons. Il y a aussi les maisons très belles et bien entretenues, mais très petites. En général, je suis attirée par elles, car je m’imagine toujours que “c’est quand même bien assez grand pour nous deux” – surtout si on compare avec le fait de vivre dans un appartement. Mais heureusement, je me fais résonnée : “On va se marcher sur les pieds dans un petit truc comme ça” me convainc mon copain – “une maison avec deux petites chambres n’a pas une bonne valeur de revente” en rajoute l’agent. Forcément, qu’est-ce qu’ils en comprennent les hommes qu’il y a de bonnes vibrations dans cette maison-miniature? Mais je me range à leurs arguments. Nous avons aussi, de ce fait, fixé une surface habitable minimale.

Finalement, au bout de deux semaines, je commence (déjà) à me décourager. D’autant plus qu’à Saint-Boniface les maisons à vendre ne pleuvent pas tous les jours. Il n’est donc pas difficile de me convaincre (déjà) pour explorer de nouveaux quartiers.

C’est donc ce que nous faisons, et voilà. La première maison que nous visitons à l’extérieur de ma zone favorite, est celle dont nous tombons amoureux. Elle est on ne peut plus manicurée, toute propre, même les ouvertures d’aérations sont fait dans le même bois que ce parquet immaculé et lumineux. La salle de séjour est grande et très éclairée avec de belles fenêtre, donnant sur une véranda de grandes baies vitrées qui est la prochaine pièce. Nous sommes conquis. Le jardin est petit, mais entièrement clôturé, et il y a un double garage, ce qui n’est pas une mince affaire pour garer nos deux voitures au chaud pendant l’hiver (et ce qui n’est surtout pas si courant dans les maisons à Winnipeg – je ne comprendrai jamais pourquoi..)

Le prix de cette maison de rêve est complétement dans notre budget. Nous sommes aux anges. Nous voulons poser une offre, bien sûr. Nous retournons voir la maison une deuxième fois, et puis même une troisième fois pendant la porte ouverte.. juste pour le plaisir. Nous essayons d’être critique envers cette maison, mais c’est difficile. On lui reproche de n’avoir que 2 chambres, et aussi qu’elle soit trop parfaite avec aucune possibilité d’amélioration – tout l’espace est utilisé et optimisé au maximum.

Je m’y vois déjà, prenant mon café dans la véranda ou sur la terrasse en bois… J’ai aussi la vague impression que ça va marcher, on va l’avoir! Nous nous rencontrons avec l’agent immobilier pour décider d’un prix pour cette maison, et nous décidons, grands princes, d’offrir la totalité du prix demandé. Nous allons même jusqu’à offrir 5000$ de plus, car nous savons qu’il y a ce qu’on appelle les surenchère dans le marché en ce moment – mais certainement que ça ne s’appliquera pas à nous, hein?

Au Manitoba, les offres se font à une date et heure déterminée. En général, les maisons sont en vente et visitable le lundi ou mardi, il y a une porte ouverte le week-end, puis toutes les offres doivent être reçues par le lundi ou mardi d’après. ça va vite. Le vendeur revoit toutes les offres en même temps, choisit la plus avantageuse, et l’acheteur connaît la réponse le soir-même.

En tant qu’acheteur, la seule information que nous détenons, c’est si nous sommes en compétition, et avec combien d’autres acheteurs. Si oui, alors nous pouvons décider de rendre notre offre un peut plus attractive – Si non, on peut penser à mettre le prix de vente, ou même moins. C’est pourquoi notre agent attend la dernière minute avant de donner notre offre, alors que beaucoup d’autres les déposent un à deux jours à l’avance (mais elles sont scellées et ne seront pas ouvertes avant la fin du délai) – ainsi, il veut s’assurer de savoir si oui ou non nous sommes en compétition.

Douche froide, la maison de nos rêves nous passe sous le nez. Mais surtout, elle nous passe sous le nez de beaucoup! Le nouveau propriétaire a mis 40 0000$ de plus que le prix de vente. Il s’agit d’un sacré coup pour nous.. il semble bien que le marché soit très agressif, et très bénéfique pour le vendeur.

Un dicton immobilier nous dit que, si on n’a pas eu cette maison, ça veut dire qu’une encore mieux nous attend quelque part. Je n’y croyais pas trop, mais effectivement, c’est bien ça qui nous est arrivé!

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Se faire pré-approuver, un dangereux jeu d’enfant

Voilà déjà une semaine que nous nous impregnons des lourdeurs administratives de l’achat de maison, et moi je ne veux qu’une chose : commencer à visiter des maisons! Peut-être que la maison de nos rêves est justement entrain de nous passer sous le nez, alors qu’il faut écouter patiemment le jargon légal et financier associé à notre décision de faire le plus gros achat de notre vie.

La dernière étape dans ce labyrinthe des formalités est la rencontre avec notre “mortgage broker”. Préalablement, celui-ci nous a fourni la liste de tout ce qu’il aurait besoin de notre part, allant de l’historique de notre compte en banque au récepissé des impôts, en passant par notre passeport et numéro d’assurance sociale. Je me sens presque aussi scrutée que pour l’étape de l’immigration au Canada. Ils ne laissent pas n’importe qui acheter une maison.

Notre courtier nous reçoit dans une belle salle de réunion dont les murs sont en brique et orné d’un beau foyer qui procure une ambiance chaleureuse. Armé de son ordinateur portable, il rentre toute sorte d’informations et de chiffres dans un formulaire en ligne. Nous comprenons mieux pourquoi la salle est si bien décorée, on a le temps de la passer en revue de nombreuses fois pendant que notre “broker” pianote inlassablement, nous posant quelques questions de vérification de temps en temps. Dix à quinze minutes plus tard, il lève son nez de son écran : il a tous les résultats nous concernant, et va nous expliquer tout ça.

En fait, nous allons ressortir de là déjà pré-approuvés, je pensais que ça prendrait quelques jours au moins, le temps de vérifier notre information, mais non! J’apprends aussi que ce formulaire en ligne, nous aurions pu le renseigner nous-même dans le confort de notre propre maison, et recevoir notre approbation de crédit quelques minutes plus tard. Quel contraste entre le montant d’informations demandés et la rapidité d’éxécution. C’est aussi effrayant de savoir qu’on n’est pas tenu d’être vraiment éduqué sur le fonctionnement des prêts pour en obtenir un. Rectification sur ma première impression : on ne laisse peut-être pas n’importe qui acheter une maison, mais on lui laisse certainement faire n’importe quoi.

Notre courtier nous donne notre score de crédit à chacun, et nous nous situons bien. Il nous annonce finalement la grande nouvelle : à nous deux, nous pourrions acheter une maison de plus d’un demi-million de dollars. Bien sûr, il ne nous le conseille pas, nous serions endettés jusqu’aux dents pendant 30 ans (et récemment on pouvait même faire 40 ans). Je comprends mieux comment les gens peuvent être criblés de dettes si on leur donne l’opportunité d’acheter bien au-dessus de leurs moyens.

Finalement, il passe au travers de différents termes barbares, que je vous reproduis ici afin que vous soyez assurés que j’ai bien appris ma leçon.
Deposit: notre caution pour retenir la maison
Downpayment: notre apport personnel d’argent
Amortization: le temps que cela va prendre pour rembourser notre prêt
Term : le nombre d’année pour lesquelles les conditions du prêt vont s’appliquer – voici une différence bien singulière par rapport à la France, où en général, la période d’amortisation est la même que le terme. Mais au Canada, on souscrit généralement pour 5 ou 10 ans avec le même taux d’intérêt, puis il faut refinancer son prêt, ou vendre la maison une fois que le “terme” vient à échéance.
Open/close mortgage: capacité de rembourser le prêt en avance. Même avec un prêt fermé, on peut généralement rembourser jusqu’à 15% du capital par an.
fixed`Variable interest rate: des taux d’intérêt fixés dès le départ, ou fluctuant selon le marché

Toutes ces composantes combinés, et bien d’autres encore (par exemple : voulons-nous un prêteur virtuel, c’est à dire une banque étrangère, ou un prêteur réel qui aurait un bureau au Canada) forment notre prêt.

Pour le moment, nous ne sommes pas tenus de prendre une décision au sujet du montant de notre apport personnel, ni des conditions du prêt, mais nous repartons avec l’étampe : “pré-approuvé”. Nous connaissons la valeur maximale de la maison que l’on peut acheter, et quel est le taux le plus favorable du moment. Ce taux sera conservé pendant 3 mois. Si un taux plus bas devait prendre place au moment de l’achat, cela se fera automatiquement, mais si les taux devaient monter, nous sommes protégés.

Ces outils en main nous permettent de faire toute sorte de simulation afin de savoir le prix maximal que nous sommes prêts à payer. Une petite application à télécharger sur mon iPhone et je peux me prendre la tête à faire toute sorte de calculs savants pour voir l’interaction entre le montant de l’apport personnel, le remboursement mensuel ou bi-mensuel, les charges et impôts, le “CMHC” (l’assurance à payer si on ne met pas 20% du prix de la maison en apport personnel) etc.

Finalement nous appelons notre agent immobilier, nous lui communiquons la fourchette de prix dans laquelle nous voulons trouver notre maison – rien à voir avec un demi-million de dollars. Nous sommes officiellement pré-approuvés, et les visites peuvent commencer.

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Le monde magique des taux d’intérêt et du score de crédit

Il ne nous reste plus qu’une étape avant de se lancer dans l’activité intense mais amusante de recherche de maison… ce n’est pas la moindre des étapes, et de loin la moins glamour qui soit : savoir si une institution financière coopérerait avec nos plans d’achat, et nous offrirait, sous la forme d’un prêt, la minime somme (environ 80-90% du prix de la maison) qu’il nous manque pour être propriétaire.

Il faut bien faire attention au Canada, car nous sommes notés tous les jours sur nos dépenses, et cela donne une accumulation d’informations qui se transforment en “credit score” – le fameux score qui indique notre capacité de remboursement de crédit.

Heureusement, j’avais appris très tôt la signification de ce score, et c’est pourquoi cela fait déjà 4 ans que j’ai une carte de crédit que je rembourse scrupuleusement tous les mois. Voilà de quoi booster mon score. En effet, tout prêteur n’est pas bien impressionné s’il a un client qui n’a jamais eu de prêt de sa vie. Cela ne le renseigne pas sur notre capacité à gérer de l’argent prêté. Si le score de crédit est à 0 car tu es un fier citoyen raisonnable qui paye tout en carte de débit avec l’argent qu’il a déjà sur le compte en banque -en passant, c’est comme ça que j’ai été élevée-, et bien tu es mal parti pour un prêt immobilier au Canada. En plus de prendre une carte de crédit, il faut aussi rembourser toutes ces factures à temps, car un arriéré fait une grosse tâche sur le score de crédit.

Cet énigmatique score de crédit est d’autant plus mystérieux que tu n’as pas facilement le droit d’accès. Seules deux institutions au Canada (Equifax et TranUnions) peuvent te le donner, mais seulement une fois par an. Par ailleurs, il faut aussi limiter ce droit d’accès à toutes sortes d’établissements financiers incluant les cartes de fidélités à crédit, les vendeurs de voiture d’occasions etc, car à chaque fois qu’ils jettent un coup d’oeil à notre score de crédit, il perd des points!

Pour l’achat d’une maison, il devient donc difficile d’aller faire son shopping de taux d’intérêt dans plusieurs banques, puisque chacune d’entre elles à besoin de voir notre score de crédit pour nous proposer les termes d’un prêt. C’est pourquoi nous nous sommes personnellement tournés vers un courtier en prêt, et je ne sais même pas si c’est la bonne façon de traduire le “mortgage broker”. Il s’agit d’un professionnel qui a accès à toute sorte de taux préférentiels auprès de banques de nombreux pays ainsi qu’auprès de prêteurs privés. On a notamment appris qu’il peut avoir des taux bien plus intéressants que nous en allant dans la même banque, car il obtient des “taux de gros” plutôt qu’au détail comme nous. C’est pratique, il ne vérifie notre score qu’une fois, puis regarde dans toute sa base de donnée pour nous proposer le meilleur prêt au meilleur taux du moment, ganratie 3 mois. Aussi, contrairement à ce qu’on pourrait croire, prendre un courtier c’est gratuit.

Le courtier travaille pour le client, et non pour les banques. En tout cas c’est ce que j’ai lu et entendu partout. Son seul intérêt est de faire baisser les taux pour ses clients, et il se fait payer par l’institution bancaire auprès de qui il ramène un client. Cependant, il est indépendant, la commission reste la même, il n’a pas plus d’intérêt de nous amener ici ou ailleurs.

Nous nous sommes donc rendu au Mortgage Broker que notre agent immobilier nous a conseillé. Ils ont travaillé ensemble plus de 10 ans dans un respect mutuel, ils sont capables de collaborer très rapidement si nous posons une offre et que nous avons besoin d’estimations ou autres informations sur l’approbation. C’est tout ce que nous voulons.

Résultat de notre rendez-vous au prochain épisode!

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Speed Dating pour agents immobiliers

Au Canada, il existe des agents immobiliers pour les acheteurs et pour les vendeurs. Chacun représente une partie et lui doit bonne foi, obéissance, loyauté indivisible, discrétion, confidentialité et la liste est encore longue. En résumé, l’agent doit agir dans le meilleur intérêt de celui qu’il représente. L’agent du vendeur et de l’acheteur, lorsqu’ils arrivent à un accord, se partagent une commission d’en moyenne 6% du montant de la maison. On dit que cette commission est payée par le vendeur, donc tout bénéfice pour l’acheteur… mais vraiment, le vendeur peut essayer de hausser un peu le prix pour prendre en compte cette commission.

L’agent immobilier, c’est LA relation à ne pas manquer. Celui qui va suivre le processus du début à la fin, celui en qui on doit faire confiance car c’est avec lui qu’on va faire équipe. Il y a bien sûr une tripotée d’autres acteurs impliqués dans l’achat d’une maison, mais tout gravite autour de l’agent immobilier. Il est donc indispensable d’en trouver un bien.

Une idée germe alors dans mon esprit : et si je faisais du speed dating pour agent immobilier?

Pour détecter les bons agents, pas la peine de surfer sur internet où les site-webs individuels affluent, chaque agent affichant un sourire carnassier, étalant des témoignages de clients plus élogieux les uns que les autres, et bien sûr nous expliquant que, le client, c’est le plus important. Je m’oriente donc plutôt vers la recherche de recommendations. Je demande un peu tout partout pour savoir qui connaît un bon, voir même très bon agent. En passant, je vous conseille cela comme sujet de conversation, tout propriétaire partage volontiers son expérience d’achat, quelle soit bonne ou mauvaise, et on découvre parfois de belles histoires.

J’ai finalement quatre noms d’agents qui ont fait leurs preuves auprès de mes amis, et qui me sont tous chaudement recommandés. De ces quatre agents, il n’en restera plus que un! Le grand gagnant qui aura l’honneur de supporter mes hésitations, incertitudes et autres indécisions. Pour les départager, je veux donc les rencontrer chacun pour 15mn dans un café. Gain de temps oblige, je souhaite les faire à la chaîne, comme un vrai speed dating, mais allouant 45mn entre chaque RDV pour être sûre qu’ils ne se rencontrent pas. Si j’avais su, j’aurais mis 90 minutes entre chaque rendez-vous, car l’agent immobilier est plutôt bavard dans son genre.

Au téléphone, lorsque j’apelle les quatre agents pour leur expliquer mon speed-dating, deux agents ne voient rien à redire, un me demande s’il peut être le dernier à être vu, et un autre me dit qu’il n’est pas vraiment intéressé à ce “concours de beauté” comme il l’appelle. Celui-là, alors que je pensais qu’il allait tout simplement décliner mon offre, me tient quand même la jambe pendant 20mn au téléphone, m’expliquant pourquoi de toute façon je devrais le choisir lui. Lorsque je lui dis que je n’ai pas le temps de discuter davantage, et bien qu’il ne se décide toujours pas à me dire si oui ou non il veut me rencontrer, il me demande quand est-ce qu’il peut me rappeler le lendemain. Je lui donne un créneau où je suis disponible, et je raccroche. Je suis vexée qu’il m’ait dit honnêtement qu’il n’aimait pas ma façon de procéder, mais je me sens aussi coupable : ma façon de faire est-elle insultante? Après reflexion, pendant la soirée, je me dis que ce bonhomme-là est un fin négociateur, et peut-être bien que j’aimerais qu’il négocie comme ça en mon nom.

Le lendemain, le même agent en question me rappelle. Il veut savoir quand est-ce que j’ai prévu de voir les “autres” et me dis qu’il veut être le dernier à passer (lui aussi..). Il en profite aussi pour me donner les coordonnées d’un cliente qu’il a eu l’année dernière, une fille de mon âge, française aussi, et qui a acheté sa première maison avec lui. Il me dit que si j’ai le temps de l’appeler avant de le rencontrer, ce serait bien. Je lui accorde finalement le droit d’être le dernier à passer dans mon speed-dating, après tout, il s’est bien battu pour ça.

Le jour J est arrivé, et je suis assise dans un café avec mon copain, armée de 25 questions glanée dans des livres et divers sites-webs, prête à recevoir notre premier agent. L’exercice se révèle être efficace, bien que très fatiguant et un tantinet stressant. Tel qu’énoncé plus haut, au vue de la nature bavarde de l’agent, je commence à angoisser chaque fois que la demi-heure est passée, cherchant une façon d’écouter la conversation poliement. Cela ne s’avère pas forcément facile, car l’agent peut tenir le crachoir pendant TRÈS longtemps, passant d’anecdotes en anecdotes, et je n’ai même pas encore passé 5 de mes questions. Cependant, tout se passe à merveille.

Inutile de préciser que 4 heures de verbiage immobilier nous laisse perplexes et sans energie. Cependant, nous avons réussi à rassembler suffisament d’éléments pour faire un choix.

Nous voulons que notre agent:
- Ne nous fasse pas signer de contrat comme quoi nous sommes liés à lui pour 3, 6 ou 12 mois
- N’ait pas d’assistant(e), car cela signifie qu’on pourrait choisir une maison que notre agent n’aurait même pas vue car il aurait délégué la tâche de la visite à son assistant(e)
- Ait beaucoup d’expérience avec les premiers acheteurs. Cela nous semble un critère plus important que l’expertise géographique
- Avec qui on s’entend bien, car on va l’avoir sur le dos pendant longtemps, autant que ce soit quelqu’un d’agréable en qui nous faisons confiance au premier abord

Finalement, notre choix se pose sur ce même agent qui a fait tellement le difficile au début. Au bord de la retraite, il continue ce métier par passion, pour rester actif. Il ne fonctionne que par recommendation. Il est très bien branché dans le milieu car il fait partie du conseil d’administration de la Canadian Real Estate Association depuis longtemps, et a fait partie du comité qui a élaboré le MLS (Multiple listing service) dont tous les agents immobilier se servent à Winnipeg, toutes agences confondues. Enfin, il m’a prouvé ces talents de négociateurs, qu’il ne lâchait pas facilement le morceau, mais aussi c’est le seul qui a pris le temps de me donner une référence à laquelle je peux vraiment m’identifier, sans que je le lui demande, alors que les autres me référaient aux témoignages de leur brochure. J’ai appelé la référence, et elle m’a confirmé qu’elle avait adoré travaillé avec cet agent, qu’il a été exemplaire en tous points : il a fait visité un nombre incalculable de maisons sans jamais faire ressentir de pression pour l’achat et en étant toujours disponible, il a pointé tous les mauvais côtés de toutes les maisons pour éviter toutes mauvaises surprises, et finalement il a même réussi à négocier quelques meubles au moment du déménagement, alors que techniquement son travail était fini après la finalisation de la vente.

Pour toutes ces raisons, nous sommes très heureux de commencer à travailler avec cette perle d’agent!

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La Chasse à la maison est ouverte

Acheter une maison, le plus grand investissement de toute une vie. L’achat le plus cher qu’on va jamais faire… Voilà de quoi bien mettre la pression lorsqu’on est un premier acheteur.

J’ai commencé depuis la semaine dernière à entrer dans cette grande aventure, et je vais vous faire partager pas à pas mes expériences, parce que je sens que ça va être mon unique sujet de conversation pour les mois à venir, donc il n’y a pas grand-chose d’autre sur lequel je pourrais écrire en ce moment.

Bon, je n’ai pas vraiment commencé la semaine dernière. En fait, j’ai commencé très tôt, quand je venais à pein de naître et que mes parents m’ont ouvert un compte en banque. Ils me mettaient de l’argent : “ce sera pour ses études et pour sa future maison.” Conditionnée comme ça, vous vous imaginez bien l’importance de l’achat de la maison. Cependant, pas de chance, toutes mes économies sont passées dans les études. Ainsi, fraîchement débarquée au Canada avec mon premier boulot de la vraie vie, il a fallut tout recommencer les économies à zéro. Mais cette fois-ci, les études n’étant plus un obstacle et l’argent venant plus régulièrement, tout passait dans l’espoir d’avoir une maison.

Finalement, vers le mois de mars, j’ai senti que j’étais prête, et par-là je veux dire, que j’ai senti que mon homme était prêt lui aussi, et que nous ensemble, en tant que couple, on était prêts pour ça. Il faut beaucoup de niveaux de “prêtitude” pour envisager quelque chose comme ça, croyez-moi.

Ma première étape, alors, fut de louer des livres à la biliothèque afin d’obtenir l’information la plus objective possible. Le monde de l’immobilier me paraît peuplé d’ignobles petits gnomes vicieux et menteurs qui m’en veulent personnellement, alors j’aime être préparée et éduquée afin de les affronter sur un pied d’égalité (il est possible que je vois un peu tout dans la vie comme un combat sans merci qui se répète ad vitam eternam).

J’ai appris plein de choses intéressantes dans ces bouquins, et notamment que ces petits gnomes s’appelaient des agents immobiliers, qu’ils faisaient pipi comme tout le monde et que vraiment, ils étaient même pas si méchants que ça. Que d’ailleurs, je ferais bien d’en avoir un, d’agent immobilier. Un qui me serait dévoué, peut-être pas corps et âmes, mais au moins qui me soit loyal et obéissant, cherchant à travailler dans mon meilleur intérêt.

J’ai aussi pu me familiariser avec tout le processus, toutes les étapes indispensables, et à entreprendre dans le bon ordre. Forte de cela, je comprends que ma prochaine étape, c’est justement de choisir mon gno… mon agent immobilier… et ça, les amis, c’est tout une histoire en elle-même!

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